L’employabilité post-COVID 19 et la nécessité de déboulonner le mythe du leadership

Sarah Musavi - CARA Member

  

Est-il possible que le leadership soit une aptitude naturelle ? Peut-on être leader sans occuper une fonction de haut niveau ?

Le leadership est-il inné, tout comme les gènes, ou acquis ? Quelle est la formule pour devenir leader, afin que chacun d’entre nous puisse l’être ?

Mais la vraie question, c’est plutôt : pourquoi avons-nous besoin d’être des leaders ?

Pour l’instant, il faut reconnaître que c’est le besoin de l’heure.

Le premier pas sur cette voie, c’est le leadership personnel. Un article de McKinsey & Co [en anglais seulement] souligne l’importance, pour ceux et celles qui sont en première ligne pendant la pandémie de COVID-19, de prendre soin d’eux-mêmes, car s’ils ne gardent pas le moral, la partie est terminée.

Si je peux réagir calmement face à une crise ou à une situation inattendue, sans tout bouleverser ou m’écrouler, c’est que je connais l’art du leadership. Ai-je besoin d’un titre ou même d’être rémunéré pour cela ? Non.

En fait, si je suis incapable d’agir ainsi, je ne suis peut-être pas un employé les plus recherchés à l’ère post-COVID-19. Si je persiste dans l’habitude de m’effondrer, de me plaindre, de me décourager chaque fois qu’il y a une crise, il se peut que je sois en train d’éroder mon indispensabilité pour de futures fonctions, et ce, en dépit de mon expertise technique et de mes années d’expérience.

En effet, on peut facilement enseigner une compétence technique à un autre employé qui fait preuve de résilience, de flexibilité et de calme face « à la tempête ».

À l’avenir, le personnel devra démontrer des compétences du domaine de l’intelligence émotionnelle, telles que la flexibilité, la pleine conscience, la concentration, la créativité et la résilience. Les employeurs pourraient avoir une préférence pour les employés capables d’adaptabilité.

  

Naître leader vs le devenir

Le débat sur le caractère inné ou acquis du leadership dure depuis des lustres. Supposons qu’on naît leader. Cela signifie qu’aucun type de formation ou de coaching ne permettrait aux non-leaders d’acquérir cette compétence, sauf si on pouvait utiliser la technologie de l’ADN recombiné pour « créer » des leaders génétiquement modifiés.

En l’occurrence, la récente vague d’intérêt pour les programmes de formation en leadership n’aurait pas gagné du terrain. De même, les gens ne voudraient pas payer le prix fort pour assister à ces formations. Il n’y aurait pas non plus des témoignages et des exemples de réussites illustrant comment la formation en leadership a fait une différence dans un groupe, un programme, une communauté ou un organisme.

L’essence du véritable leadership, c’est la capacité d’insuffler de la motivation à tous les membres d’un projet ou d’un milieu de travail, et de leur faire prendre conscience de leur rôle dans la réussite.  

À vrai dire, n’importe qui peut le faire : toute personne qui croit en ses propres compétences, qui fait confiance aux autres, qui ne laisse pas la peur de l’incertitude prendre le dessus sur sa cognition.

L’histoire a connu de nombreux grands leaders. Entre autres, Kennedy, Gandhi, Nelson Mandela et Abraham Lincoln ont fait preuve d’un leadership exemplaire lors de crises extrêmes. Ils ont ainsi été capables de mettre en mouvement une action de grande envergure qui, au départ, semblaient irréalisable. Ces leaders ont prêché par l’exemple et ont pu subdiviser l’objectif ultime en composantes gérables, faciles à conceptualiser sur le plan de la responsabilité individuelle.

   

L’excellence humaine est un état d’esprit - Socrate

    Dans cette optique, j’aimerais formuler une hypothèse : chacun d’entre nous est né avec la capacité naturelle de mener une vie ayant un sens et de défendre une cause. Nous pouvons naître avec davantage de moyens et de capacités d’agir, mais le plus important, c’est que nous pouvons tous agir en leader lorsque nous le décidons.

Toutefois, prendre cette décision suppose un certain degré de connaissance de soi, c’est-à-dire savoir qui on est, bien connaître ses valeurs, ses forces et ses faiblesses, savoir choisir ses batailles, cibler ses aspirations, déterminer les moyens à prendre pour les réaliser, puis établir une stratégie précise pour y arriver.

Selon l’Institut de leadership de Google Search Inside Yourself, le SIYLI, chacun de nous a la capacité d’influencer les autres et, de ce fait, chacun de nous est un leader. Cela parait un plan de leadership tout simple, pourtant c’est une discipline qu’on améliore avec la pratique.

Pour être un leader efficace, il faut posséder une intelligence émotionnelle qui permet « d’être conscient de ses propres émotions, de les contrôler et de les exprimer, ainsi que de gérer les relations interpersonnelles de façon judicieuse et empathique. »

Selon Daniel Goleman, la connaissance de soi est la première étape pour devenir leader. Il a établi cinq composants interreliés de l’intelligence émotionnelle, dans l’ordre suivant : 

- La connaissance de soi

- La maîtrise de soi

- La motivation

- L'empathie

- Les compétences sociales

Lorsque nous sommes capables de comprendre ce qui nous motive, et d’avoir une vision claire de nos valeurs, nous disposons d’un cadre dans lequel agir avec précision. Face aux défis, nous sommes donc en mesure de faire preuve de leadership personnel, et de mener nos vies avec détermination, courage et constance, ce qui incite les autres à faire de même.  

  

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